"Jardin botanique", 2024

 
 

Dans son chemin avec la peinture, Kyung Bouhours trouve sa voie dans la figuration et un Univers hybride, peuplé de créatures qui abolissent les catégories. "Je suis moi-même un hybride! Je rêve d'un monde sans frontières." Ses métamorphoses ont beaucoup évolué dans des décors d'usines désaffectées. Parmi les Hommes, on croise, dans sa mythologie industrielle, une Gorgone à la chevelure de fer  et une Myrrha  au tronc de colonne de  béton. Il y a parfois ces brumes, ces vapeurs, dont on ne sait si la fluorescence est toxique ou enchanteresse. L'Océan s'invite dans la ville. Lèvres-coquillages, organes-coraux, excroissances-méduses. Mutations aqueuses. "C'est la Nature qui reprend ses droits." Cette dystopie noire d'une humanité en voie de disparition tend aujourd'hui à s'apaiser. "Mes dernières toiles se situent beaucoup en extérieur et l'homme et la nature sont plus en paix." Kyung aime réconcilier.

Ses personnages sont souvent androgynes. Ses hybrides mêlent genre humain, animal et végétal. Ses scènes sont à la fois européennes, asiatiques et africaines. Kyung syncrétise, assemble et réunit, cherchant unité et liberté. Cet univers, c'est un espace mental. Les friches urbaines et contrées désoeuvrées côtoient les baisers, les bulles et la basse-cour. Les pylônes côtoient les arbres. Nul besoin de choisir entre rêve et cauchemar. C'est un univers parallèle, fréquenté par autant d'angoisses que de désirs, de revers que d'espoirs. Et c'est au sein de ce monde intérieur que la peinture trouve sa liberté. "Dans mon monde je n'ai aucune contrainte, je peux enfin tout peindre, et la liberté est une nécessité."

Barbara Tissier d'Artention